Les styles de pose du carrelage
La pose, ou calepinage, change autant une pièce que le carreau lui-même. Un même 60×30 donne un sol calme en pose droite, un sol vivant en décalé au tiers, un sol graphique en bâtons rompus. Voici les 18 styles que nous posons, chacun montré en teinte unie et en bicolore : le bicolore révèle le motif, l'uni montre ce qu'il devient avec un seul carreau.
À gauche, teinte unie · à droite, bicolore. Schémas Carry Shop.
Les poses classiques
Pose droite
Les carreaux sont alignés sur deux axes, joints en continu. C'est la pose la plus simple à lire et la plus économe en coupes : comptez 5 % de chutes.
Pour quels carreaux : Carrés et rectangles, tous formats. Idéale pour les grands formats et les pièces régulières.
Pose décalée à mi-carreau
Chaque rangée est décalée d'une demi-longueur, comme un mur de briques. Elle pardonne un mur hors d'équerre et casse la rigidité de la pose droite.
Pour quels carreaux : Rectangles jusqu'à 60 cm. Au-delà, préférez le tiers : le décalage à moitié accentue les défauts de planéité des grands formats.
Pose décalée au tiers
Le décalage d'un tiers est la règle pour les rectangles longs (120×20, 120×30) : il évite les bosses visibles aux joints et donne un rythme plus naturel.
Pour quels carreaux : Grands formats rectangulaires, effet bois, effet pierre. Environ 8 % de chutes.
Pose décalée aléatoire
Les décalages varient d'une rangée à l'autre, sans motif répétitif. C'est la pose des effets bois et pierre : l'œil ne voit plus les joints, seulement la matière.
Pour quels carreaux : Lames effet bois, dalles effet pierre. Chutes réutilisées en début de rangée : peu de perte.
Pose empilée verticale
Rectangles posés debout, joints alignés. Très contemporaine, elle allonge visuellement un mur bas ou une crédence.
Pour quels carreaux : Formats métro, kit-kat, rectangles fins. Demande un support parfaitement plan : rien ne se cache.
Pose en diagonale
Carreaux tournés à 45° par rapport aux murs. Elle agrandit visuellement une pièce étroite et masque les murs non parallèles.
Pour quels carreaux : Carrés surtout. Prévoyez 12 à 15 % de chutes : toutes les rives sont coupées en biais.
Pose en damier
Deux teintes en alternance, sur une pose droite ou diagonale. Un classique qui revient en force en noir et blanc, mais aussi en sable et blanc cassé.
Pour quels carreaux : Carrés de 20 à 60 cm. Le calepinage doit être dessiné avant le premier carreau : le centre de la pièce commande.
Pose en quinconce
Des carrés posés en rangées décalées d'une demi-longueur, comme des briques. Moins rigide que la pose droite, sans les coupes de la diagonale.
Pour quels carreaux : Carrés de 20 à 60 cm, zellige, carreaux de ciment unis. Environ 5 à 8 % de chutes.
Pose en tapis
Un champ de carreaux à motif ou de couleur, encadré par une frise et une bordure de carreaux unis qui court le long des murs. Le sol dessine son propre tapis, sous une table ou dans une entrée.
Pour quels carreaux : Carreaux de ciment et effet ciment 20×20 ; bordure en grand format uni. Le calepinage se dessine au centimètre avant la pose.
Les poses graphiques
Pose en chevron
Les carreaux sont coupés en biais aux extrémités et se rejoignent en V parfait. Plus raffinée que les bâtons rompus, elle demande des carreaux prévus pour (coupe usine à 45° ou 60°).
Pour quels carreaux : Lames effet bois et rectangles fins. Effet garanti dans un salon ou une entrée.
Pose en bâtons rompus
Rectangles posés à 90° les uns des autres, l'ensemble tourné à 45° par rapport aux murs. Le motif parquet, transposé en grès cérame.
Pour quels carreaux : Rectangles 2:1 ou 3:1 (60×20, 90×30, 120×20). Chutes en rive : 10 à 12 %.
Double bâtons rompus
Même principe, avec deux carreaux côte à côte par branche. Le motif s'élargit et devient plus calme, adapté aux grandes surfaces.
Pour quels carreaux : Rectangles fins. Demande un calepinage précis dès le premier rang.
Bâtons rompus droits
Les bâtons rompus alignés sur les murs, sans rotation à 45°. Plus facile à poser et beaucoup moins de coupes en rive.
Pour quels carreaux : Bon compromis quand on veut le motif sans le surcoût de la diagonale.
Pose en vannerie
Des paires de rectangles alternent horizontal et vertical, comme une natte tressée. Un motif ancien qui fonctionne très bien en petits formats.
Pour quels carreaux : Rectangles 2:1 (20×10, 30×15) et zellige.
Pose en moulin
Un grand carré et un petit carré tournent l'un autour de l'autre. Aussi appelée pose en marelle ou pinwheel.
Pour quels carreaux : Deux formats de la même série (60×60 + 30×30, par exemple). Les cabochons de couleur au petit carré donnent un sol très graphique.
Les poses multi-formats et par la forme
Opus romain
Trois ou quatre formats se combinent en un module qui se répète. C'est la pose des pierres anciennes, reprise par le grès cérame effet pierre.
Pour quels carreaux : Séries vendues en kit multi-formats (30×30, 30×60, 60×60, 60×90). Le module se pose comme un seul grand carreau.
Octogones et cabochons
Des octogones et de petits carrés de couleur aux angles. Le sol des halls haussmanniens et des cuisines de maison de maître.
Pour quels carreaux : Octogones 20 ou 30 cm avec cabochon 5 ou 7 cm. Deux teintes contrastées ou ton sur ton.
Pose hexagonale
Le nid d'abeille : une seule forme, des dizaines de rendus selon le format et la couleur. Se marie aussi avec une lame droite pour une transition sol-mur ou cuisine-séjour.
Pour quels carreaux : Hexagones de 10 à 60 cm. Coupes délicates en rive : à confier à un poseur expérimenté.
Pour aller plus loin
Choisir sa pose selon la pièce et le format
Une pièce longue se rééquilibre en posant les lames en travers ; un couloir s'élargit en diagonale ; une petite salle de bain gagne à limiter les coupes visibles depuis la porte. Le format commande aussi : au-delà de 60 cm, on décale au tiers, jamais à la moitié. Venez avec votre plan, nous dessinons le calepinage et chiffrons les chutes avant le devis.
Uni ou bicolore ?
Le bicolore souligne le motif : il convient aux petits formats et aux pièces où l'on veut un sol qui parle. L'uni laisse le motif en filigrane : c'est le choix des grands séjours et des sols effet pierre. Entre les deux, le ton sur ton (deux nuances proches) donne du relief sans casser l'unité. Les formes et formats de carreaux sont détaillés sur la page Formes et formats de carrelage, et les poses de parquet sur Les styles de pose du parquet.
Questions fréquentes
Quelle pose consomme le moins de matière ?
La pose droite, avec environ 5 % de chutes. La diagonale et les bâtons rompus montent à 12–15 % : toutes les rives sont coupées en biais.
Le style de pose dépend-il du format ?
Beaucoup. Les grands rectangles se posent décalés au tiers, jamais à la moitié, pour ne pas révéler les défauts de planéité. Les motifs en V demandent des carreaux coupés en usine.
Peut-on poser du carrelage en chevron ?
Oui, avec des carreaux prévus pour, aux extrémités coupées à 45° ou 60°. Avec des rectangles standard, on obtient les bâtons rompus, pas le chevron.
Faut-il un poseur expérimenté pour une pose graphique ?
Nous le conseillons dès que la pose sort du droit et du décalé : diagonale, chevron, hexagones et opus romain se jouent au premier rang.
